2017

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nelson algren

  • L'Amérique au jour le jour

    medium_simone.3.jpgInvitée à présenter une série de conférences à travers les État-Unis, Simone de Beauvoir débarque à New York en janvier 1947. Avide de tout connaître, de tout étudier, elle alterne les visites de musées avec des lieux qu’elle considère comme authentiques : les bars, les asiles de nuit où gravite la fange populaire. Cette plongée au cœur de l’Amérique est pour elle le premier grand voyage de l’après-guerre. Elle s’émerveille de l a surabondance des produits offerts dans le Nouveau Monde (en comparaison avec l’Europe exsangue) Mais que va-t-elle apprendre de ce peuple ? Elle perçoit un culte de l’apparence encore inconnu chez nous. La nécessité quasi-maladive d’appartenir à un groupe, les codes vestimentaires des college girl lui paraissent étranges. Quant à la conscience politique, elle est totalement inexistante. Face à la désertion des esprits, l’importance des relais culturels est vitale. Elle brûle d’aiguiser ses arguments face à des intellectuels pétris d’antisoviétisme primaire (et ce, quelques années avant le maccartisme) Lors de son passage à Chicago, une première rencontre esquissée et maladroite avec Nelson Algren http://simonedebeauvoir.free.fr/colloques/wabansia.html (elle aura avec lui une liaison amoureuse et épistolaire de dix sept années), elle explore la ville avant de poursuivre ses conférences à travers le pays. Dans une des universités visitées, Darius Milhaud enseigne la musique. Elle continue à se déplacer en train. A travers son regard tout est motif à étonnement, que ce soit l’étendue démesurée des agglomérations, les lieux touristiques organisés à l’excès (les chutes du Niagara l’ont probablement déçue pour cette raison) Son statut de nouvelle célébrité, surtout ses liens étroits avec J.P. Sartre, lui ouvrent bien des portes. Sur recommandations, des personnes inconnues la veille deviennent des amis tout autant que des guides. A Hollywood c’est Annabella qui l’invite. Elle rencontre William Wyler, d’autres réalisateurs encore puis elle repart en bus. Cette fois-ci elle traverse les états du sud, d’ouest en est : le Texas sera le premier avec Alamo, San Antonio, Huston et ses puits de pétrole. A Savannah elle choisit de « débattre de la question noire aussi simplement que possible » bien qu’on le lui ait déconseillé. Comme dans beaucoup d’autres villes elle a visité les quartiers qui leur sont réservés. Après la visite de Charleston et de la Virginie, c’est le retour à New York. Elle y rencontre Miro, Chaplin. Elle ne manque pas de s’exprimer contre l’avis général sur le racisme car elle s’est forgé son opinion ; elle est allée là où aucun de ses détracteurs n’a voulu aller. Enfin elle explore le Nord-Est : Yale, Princeton, Philadelphie. A Boston elle visite La maison aux sept pignons http://www.jose-corti.fr/auteursromantiques/hawthorne.html qui a inspiré à Hawthorne son roman ; elle découvre également le lac de Walden, le livre de D.H. Thoreau http://www.jose-corti.fr/auteursromantiques/thoreau.html. Lors d’une dernière escapade à Chicago elle élude sa passion naissante pour Algren en visitant les abattoirs et quitte l’Amérique à la fin du printemps.

    Folio 2001, 536 pages

    For his first travel after the Second World War, Simone de Beauvoir went to the United States. She began to speak in conferences through the country. Attracted by the other side of the mirror, she met poor and black people. She had his version of racism and she wanted to debate with American intellectuals.

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