2017

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Journal (extraits)

  • Une soirée avec la comtesse de Ségur

                                 Journal, 18

    Comtessedesegurneerostopchine2.jpgVendredi 7 février 2014

    18h40 devant le théâtre du Ranelagh où je retrouve C. Nous descendons au foyer, très bel endroit qui se prolonge par la salle elle-même dont les plafonds et les panneaux muraux sont en bois sculpté. Nous nous sommes avancés, l'ouvreuse nous a placés, la pièce va commencer. C'est un spectacle de 1h10 tout au plus écrit par Joëlle Fossier, diction rapide et lumineuse de Bérangère Dautun. Elle nous livre une histoire étonnante, celle de Sophie Rostopchine, rudoyée par sa mère, adorée par son père, gouverneur de la ville de Moscou et chargé par le Tsar d'y mettre le feu à l'arrivée de Napoléon. Leur vie bascule, la famille quitte la Russie pour la France et s'installe à Paris. Sophie grandit sur les ruines de la Révolution française puis rencontre Eugène, comte de Ségur qu'elle croit aimer. Il lui fait beaucoup d'enfants mais lui préfère les autres femmes. La comtesse Sophie part s'installer en Normandie et s'occupe alors uniquement de ses enfants jusqu'à la mort de l'un d'eux. Pendant plusieurs années elle sombre dans la dépression avant de finir par se mettre à l'écriture. Le spectacle se termine et le metteur en scène, Pascal Vitiello, prend le temps de nous présenter l'interprète de ce spectacle fort réussi.

  • Journal, 17

    Mercredi 10 septembre 2008

    L'exposition sur la Warner Bros à Beaubourg c'était lui! Jean-Loup Passek l'avait illustrée avec son propre fond photographique après avoir demandé en vain à la Warner des photos qu'il n'avait pas obtenues. Les avocats de la firme semblent s’être manifestés après le début de l'exposition. On pouvait y voir le jeans de James Dean, la statuette du Faucon maltais et l'agenda téléphonique de Jack Warner ouvert à la lettre G. G comme Gable.

    Jean-Loup Passek a été directeur du Festival international du film de La Rochelle

  • Journal, 16

    Lundi 8 septembre

    En abordant l'épilogue de La force des choses je ne peux m'empêcher de songer à tous ceux qui ont un a priori sur Simone de Beauvoir sans l'avoir jamais lue: je devrais leur conseiller la lecture de ces quelques pages. Elles peuvent servir de préambule à la découverte de l'œuvre de Simone.

    Découverte d’un film absolument délicieux, Christine, une adaptation de l'œuvre de Schnitzler où l’on voit pour la première fois le couple Alain Delon-Romy Schneider. Une élégance de sentiments qui rappelle les opérettes viennoises mais avec un final au couteau qui donne véritablement envie de lire le récit qui a inspiré le film. Christine est le remake d'un film de Max Ophüls, Libelei. Brialy, recommandé de façon élogieuse par Delon à la production, accompagne ce dernier à l'aéroport pour accueillir Romy Schneider. Delon ne parle pas un mot d'allemand, Brialy traduira, on connaît la suite...(informations puisées dans les mémoires de Jean-Claude Brialy)

  • Journal,15

    Lundi 25 août 2008

    Je suis retourné sur le blog de Stéphane Darnat intitulé Le solitaire rature. Son dernier billet, prémonitoire, date du 2 juillet 2008. Il l’a intitulé Un nouveau départ. Il s’agit d’un extrait d'Accident nocturne de Patrick Modiano. Je remonte le temps jusqu'au 21 juin, l'avant dernier billet s'appelle Enquête en montagne. Le texte nous plonge dans l'atmosphère de la province au pied des Pyrénées, avec l'acceng, selon ses propres mots. Et le 10 juin une citation de Maurice Blanchot: « L'œuvre est solitaire: cela ne signifie pas qu'elle reste incommunicable... » Le 27 mai, L'art du Roman, le 26 mai il annonce la publication de son premier roman, Son absence. Son éditeur, Léo Scheer, propose des textes en ligne avec possibilité de les commenter.

  • Journal, 14

    Jeudi 21 août 2008

    La force des choses, tome 2, Simone [de Beauvoir] part pour le Brésil. Description des candomblés de Bahia, variante brésilienne du vaudou, puis elle évoque Brasília et Rio. Je ne peux m'empêcher de songer au film de de Broca qui, à quelques années de là, a montré les mêmes paysages. Dans L'homme de Rio il y a la baie de Copacabana et le Christ du Corcovado. Image du vide. Jean-Paul Belmondo en équilibre sur une corniche avec la baie en arrière plan. Il trébuche, se rattrape et pénètre par une fenêtre dans l'immeuble où Françoise Dorléac est retenue prisonnière et droguée par ses ravisseurs.

  • Journal,13

    darnat.jpgMercredi 20 août 2008

    Découverte sur Internet d'un article du blog des Éditions Léo Scheer annonçant la mort d'un jeune auteur, Stéphane Darnat, dont j'avais fait la connaissance lorsqu'il travaillait aux Éditions Plon. J'ai  découvert qu’il tenait un blog où il avait publié plusieurs textes très personnels. La nouvelle de sa disparition m'a pétrifié, il n’avait que trente quatre ans.

    C. avait pour locataire un garçon qui travaillait alors comme correcteur chez Plon. Elle m'a proposé de prendre contact avec lui. J’envoyais à Stéphane Darnat des contes et quelques nouvelles. Il me répondit assez vite, me donnant rendez-vous chez l'éditeur place St Sulpice. Je montais jusqu'au dernier étage de l'immeuble qu'occupent les Éditions Plon. Il me reçut dans un petit bureau. Une seule nouvelle l’avait intéressé, il souhaitait que je la développe. Était-ce le côté macabre qui l’avait attiré ? Sans répondre à son attente je lui adressais d'autres textes ayant le même thème et que je voulais regrouper.

    Du fait de la lenteur de mon travail il se passa plusieurs mois avant que je trouve une raison valable de le contacter à nouveau. Lorsque l'on se revit, il avait, un nouvel employeur. L'entretien eut lieu dans un café de la place St Sulpice. Je continuais à travailler sur ma série de nouvelles. Mon travail laborieux repoussa plus loin l'entretien suivant qui eut lieu dans un café de la rue de Valois où je le vis une dernière fois. Je me décidais enfin à lui faire lire mon manuscrit sous une forme plus achevée. Je téléphonais à l'hôtel où il était descendu, dans les Pyrénées, pour avoir confirmation de son adresse. Quelques jours plus tard je reçus un mail de lui (...) Je décidais de ne plus l'importuner quoi qu'il m'en coûte. Un doute allait planer un certain temps sur ce manuscrit bancal que j’ai fini par abandonner.

  • Journal, 12

    Photo 004.jpgSamedi 16 août 2008 

    Visite de l'abbaye de Cîteaux. Grande propriété longeant la Départementale, protégée de celle-ci par un long mur de pierre. Au sud, les bâtiments sont visibles de la route de Nuits-Saint-Georges. Comme à Port Royal, la destruction du site est importante, le monastère ayant servi de carrière après sa confiscation sous la Révolution. Il faut beaucoup d'imagination pour recomposer un ensemble cohérent dont il ne reste que deux corps de bâtiments et un jardin de simple adossé à l'ancienne ferme. Les moines paysans travaillèrent la terre après avoir renoncé à vivre des taxes. Ils possédaient des vignes (Clos Vougeot et Meursault) ils les ont perdues en même temps que le domaine. Les vignes les avaient probablement enrichis, les révolutionnaires ne s'y sont pas trompés.

    Ce soir, à l'issue de la visite, qui se souviendra de Robert, abbé de Molesme et fondateur de l'ordre des Cisterciens en 1098? Nous sommes passés à la dégustation du vin de Morey-Saint-Denis, discrète commune enchâssée entre Chambolle-Musigny et Gevrey-Chambertin. Son vin n'y est pas moins bon qu’ailleurs ; Napoléon n'y a pas fait halte, faute de général d'Empire à visiter sur ses terres.

     

  • Journal, 11

    Dimanche 10 août 2008 

    J'ai feuilleté une partie de la matinée le guide de Rome acheté hier. Accumulation de noms et de lieux avec lesquels j'essaye de me familiariser. Ils ne m'évoquent ni Stendhal ni Chateaubriand.

    Retour vers Paris. Dans le train je me replonge dans le journal de Simone à Rome. Elle lit un ouvrage de Jones sur Freud, hystérie et transfert. Est-ce en relation avec le projet de Sartre?

    J'ai découvert la psychanalyse au cinéma avec Freud, passion secrète de John Huston et La maison du docteur Edwards d'Alfred Hitchcock, film plus accessible. La réussite de ce dernier est due aux talents combinés d'Hitchcock, de Gregory Peck et d'Ingrid Bergman. Cette dernière y incarne le désarroi d'une infirmière qui doit prendre en charge un médecin névrosé. Le développement sur le rêve et la culpabilité me semble ici particulièrement bien amené (...)

  • Journal, 10

    Paff1343277903[1].jpgVendredi 1er août 2008 

    Hier soir je ne pouvais pas dormir à cause de la chaleur. J'ai regardé Le destin, film de Youssef Chahine, diffusé quelques jours après la mort du réalisateur égyptien. Sensuel et chatoyant, le film évoque l'Espagne de l'invasion arabe. A travers les destins croisés de plusieurs protagonistes, il décrit l'empreinte de l'Islam sur la pâte molle de jeunes existences. Évocation d'Averroès, de ses écrits, de sa pensée mais également les tentatives pour se préserver face à l'intolérance. Avant que ses livres ne soient brûlés, des copies furent dispersées, certaines envoyées en Égypte. Difficulté d'accoutumance au cinéma de Chahine dont je découvre le style narratif. Le sujet est remarquable et le film passionnant.

     

  • Journal, 9

    Mardi 29 juillet 2008

    Après une longue interruption je me replonge dans les mémoires de Simone de Beauvoir. Non elle n'est pas infréquentable, c'est méconnaître son œuvre que de le penser!

    Dans la seconde partie de La force des choses, elle rejette dos à dos l'Amérique et l'Union soviétique de l'immédiat après-guerre. Ayant visité l'une et l'autre, elle peut se permettre d'exprimer le fond de sa pensée et ne s'en prive pas. La voilà traitée de communiste par les uns et d'anticommuniste par les autres.

    Je dois à M. de me l'avoir fait connaître. Elle avait gardé le souvenir lointain d'une dictée faite à l'âge de douze ou treize ans. Bien des années plus tard elle découvrit, parmi des livres d’occasion, La force de l'âge en édition de poche. Elle le lut, je le lui empruntais. Par la suite, les lectures simultanées de  La force des choses, d'Un amour transatlantique (des lettres à Nelson Algren rédigées en anglais et traduites par sa nièce) et de L'Amérique au jour le jour (compte-rendu du voyage qu'elle effectua en 1947), finirent de renforcer l'image que j’ai d’elle et de sa vie foisonnante. C'est amusant de découvrir les redites, d'un ouvrage à l'autre, comme les échos d'un récit présenté sous différents éclairages.

    http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/culture/20080115.OBS5331/photo-de-simone-de-beauvoir-art-shay-raconte.html

  • Journal, 8

    Mercredi 25 juin 2008

    Je suis retourné au Petit Picard ; monsieur P. est de retour. Oubliées les péripéties du cambriolage et du vol de voiture. Il revient avec un projet magnifique. Après avoir acheté la carcasse vide d'un ancien cinéma dans un village au nord du Portugal, il en a fait don à la municipalité. Dans ce même village se trouve déjà un musée du cinéma dont il est responsable. La mairie a lancé un concours d'architecture puis elle a retenu un projet d'aménagement dont il me présente aujourd'hui les plans. Il reste maintenant à la municipalité à trouver l'argent pour réaliser ce projet de cinéma modulable en salle d'exposition qui a soulevé l'enthousiasme de Manoel de Oliveira et fait naître une certaine jalousie dans le milieu culturel.

  • Journal, 7

    antichambre.jpgVendredi 13 juin 2008

    Chr. m'avait demandé de choisir une pièce de théâtre parmi les spectacles encore à l'affiche. J'ai cité L'antichambre un peu au hasard. D. était d'accord, elle a pris cinq places pour ce soir au théâtre Hébertot. Je n'avais rien vu depuis la mise en scène de Patrice Leconte (Confidences trop intimes). Avec L'antichambre je retrouve le siècle des Confessions de Rousseau que je viens de terminer. Plaisir immédiat de cette simple présence des comédiens sur scène. A travers le beau texte de Jean-Claude Brisville, la lumière, les costumes et la mise en scène, un bonheur d’une autre nature apparaît. J'écoute Danièle Lebrun (chère baronne de Saint-Gély, dans Vidocq) Roger Dumas et Sara Biasini. Trois personnages pour un texte qui nous transporte sous Louis XV, dans les salons littéraires parisiens. La soirée passe le temps d'un soupir - souvenir du visage fermé de la Du Deffand (Danièle Lebrun) dont le personnage incarne à la fois la cécité et l'absence totale de sentiment -

  • Journal, 6

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    Mercredi 21 mai 2008

    Déjeuné à midi sept (notre ancien horaire) avec C. au Petit Picard, comme autrefois. Il me présente monsieur P., ancien responsable de la cinémathèque de Beaubourg et organisateur du Festival de La Rochelle. Sont également présents monsieur C., J. et I. Monsieur P. est dans un de ses mauvais jours. Il vient d'apprendre que sa maison du Portugal a été cambriolée. J'hésite à lui parler et me contente de manger. Je finis tout de même par évoquer devant lui l'année du Festival (de La Rochelle) où est venue Mélina Mercouri, un de ses très bons souvenirs. Il était allé l'accueillir à la gare. Le lendemain, les photos furent exposées dans la Coursive. La conversation roule ensuite sur Arturo Ripstein et Robert Bresson. On parle également de Manoel de Oliveira. Je dois quitter la table trop tôt à mon goût. Remercié C. qui m'a invité.

  • Journal, 5

    clocher_saint_tropez[1].jpg21 février 2008

    Je parcours une série d’articles consacrés à Françoise Sagan. Je me revois assis au bord de l’eau, à St Tropez, lisant une description qu’elle avait faite de la côte, probablement rédigée à l’endroit même où nous nous trouvions.

  • Journal, 4

    proust-par-jacquesemile-blanche.jpgDimanche 4 novembre 2007

    En quittant Brezolles, nous prenons la direction du sud, c’est avec la vague idée qu’un hameau du nom de Illiers-Combray comporterait peut-être quelques vestiges proustiens. Dans le cas contraire, la campagne aux immenses champs labourés, aux forêts rousses, serait une douce compensation. Mais aux abords du village, la première impression vient des silos agricoles disgracieux. Silhouette massive de cathédrale grise dominant les premières habitations. Les petites maisons serrées l’une contre l’autre, aux encadrements de briques, ne diffèrent pas de celles des villages alentours. Un panneau mentionnant La maison de tante Léonie nous conforte dans l’idée que nous ne sommes pas venus pour rien. Nous entrons dans le jardin d’une petite maison bourgeoise puis, par la gauche, dans une sorte d’atelier où est installé le comptoir de vente des billets. La première salle de l’exposition, la moins intéressante, présente des copies de lettres et de vieux ouvrages (dont les Mémoires de Saint Simon). On pénètre ensuite dans la maison. La cuisine, lieu de travail d’Ernestine Gallou (un des modèles de Françoise de A la recherche…) succède aux salons du rez-de-chaussée. Avec son torchon accroché à la porte du placard et son cabas posé sur une chaise près de la cuisinière en fonte, la maison vit. Les pièces de nuit sont à l’étage, nous montons, et au fond à gauche, trouvons la chambre de Marcel, juste en face de celle de sa tante. Lit simple avec une alcôve encadrée de courtine blanche, des placards dérobés, une lanterne magique. Le grenier est transformé en salle d’exposition. Je suis attiré par les photos de ses contemporains : Zola, Reynaldo Hahn, la comtesse Greffulhe, modèle de madame de Guermantes (...)

  • Journal, 3

    Vendredi 14 septembre 2007

    C. m’a affirmé et répété que Léo Malet était un pauvre hère et qu’il vivait dans une HLM (où il l’avait rencontré). A la page 206, soit la journée du 9 juin 1983 il écrit : « Je dispose de 38 millions plus 6 que me doit Muet, plus environ 5 que me doit Le Fleuve. Total : une cinquantaine de briques ». C. s’est fié aux apparences et s’est laissé berner !

  • Journal, 2

    Mardi 11 septembre 2007 

    Téléphoné ce matin chez Michel Bouquet. Une dame charmante, probablement son épouse, a répondu en me demandant de rappeler ; ce que j’ai fait à 13h.

    Michel Bouquet décroche. Il est très pris – retour de Belgique où il a présenté L’avare qu’il doit jouer prochainement là-bas - Ce voyage l’a épuisé. Il me laisse entendre qu’il n’aura pas de temps à me consacrer pour un rendez-vous et commence à répondre par téléphone à la demande que je lui ai faite par courrier. Il me dicte les éléments de réponse comme ils lui viennent. Il parle essentiellement du cinéma muet, tout en admettant que son point de vue est radical.

  • Journal, 1

    Jeudi 6 septembre 2007 

    La lecture du journal secret de Léo Malet m’a décidé à rédiger quelques notes au jour le jour. J’espère m’y montrer moins déprimé que lui lorsqu’il prenait les siennes, il y a exactement vingt-cinq ans. J’ai pris le parti de ne développer que des thèmes qui m’importent et d’adopter une ligne de conduite que n’aurait pas renié François Truffaut : je choisirai un bon livre et un bon film chaque fois que cela sera possible. Je ne reviendrai au journal de Malet que si le parallèle me semble intéressant. Pour le moment je souris en découvrant des noms de journalistes et d’écrivains qui participent encore à l’actualité de 2007 (...)

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