2017

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architecture

  • Meet-up du 12 septembre

    Depuis la dernière rencontre à laquelle j'ai assisté (11 juillet) j'ai terminé un livre d'architecture consacré à Oscar Niemeyer. L'architecte est né à Rio en décembre 1907. Il rejoint l'équipe d'architectes brésiliens de Lucio Costa auprès de laquelle Le Corbusier avait été appelé comme consultant. De 1940 à 1954 il travaille à Rio, Sâo Paulo et Belo Horizonte. C'est ainsi qu'il rencontre Juscelino Kubitschek. Ce dernier, maire de Belo Horizonte, est élu président du Brésil en 1956. Il fait venir Niemeyer à Brasilia comme conseiller en architecture auprès de Lucio Costa. Il conçoit alors les bâtiments les plus importants de la ville et malgré une période d'exil en Europe, poursuit une carrière exceptionnellement longue, travaillant jusqu'à la fin de sa vie sur de nouveaux projets. Il meurt à l'âge de 104 ans, en 2012.

    Douze septembre. A mon arrivée on distribue des branches d'une plante grasse increvable, crassula ovata [plante succulente de la famille des crassulaceae originaire d'Afrique du Sud], elle vit jusqu'à 80 ans. Arrivée de Chlorine.

    ...ils sont arrivés ensemble...[les boissons baissent dans les verres, les piles de livres montent sur les tables]...ils ont des oreilles de lapins, les chevreuils...est-ce que t'as regardé le verso?...le gars qui est assez grand, cheveux gris...si t'as envie de partir en week-end...bon appétit...là où j'ai été hyper bluffé...c'était la rentrée lycée et même bientôt universitaire...c'est ouvert tous les jours...entre 18h30 et 23h...elle a trouvé un autre poste dans une médiathèque...tu comprends pourquoi les japonais ils aiment bien être expatriés en Europe...c'est un roman...Un drame en Livonie [roman policier de Jules Verne, 1904]...elle c'est Florence!...copyright...si tu le lis froidement [la réunion commence à se désagréger, je pars]. C'est un peu court me direz-vous mais c'est comme ça!

    [en présence de Chlorine, des Cmaupin, de Katalobonga qui me donne encore des précisions sur la Forêt Noire, de Florence71, de Mitch19, de Vampcruci, de Mariesg que je n'avais pas vue depuis longtemps, de Tenscentpistol, de Elj et de Laure69].

  • Journal, 19

    Samedi 3 juin 2017, Lausanne

    Par l'intermédiaire de Barbara nous allons visiter le clocher de la cathédrale que nous rejoignons sous des parapluies. A 21h40 nous somme présentés à M. Renato Haüsler. Nous montons avec lui environ 90 marches. Nous débouchons sous la pluie à la base du clocher, éclairés par les projecteurs de la rue. Élisabeth qui nous accompagnait n'a pu gravir les dernières marches, victime du vertige. Elle est redescendue, nous la retrouverons au bas de l'escalier à vis. Ici apparaît une charpente délavée et sans âge, elle soutient les cloches. Nous nous approchons de la porte du local. Notre hôte est entré chercher un large feutre noir et il s'est muni d'une lanterne dans le même style que celle qui est accrochée au-dessus de la porte. A 22h la cloche principale sonne dix fois. Comme nous sommes à moins de deux mètres nous devons nous boucher les oreilles. Le guet est apparu coiffé de son feutre, il a placé les mains en porte-voix et parlé sans crier: "C'est le guet, il a sonné dix, il a sonné dix" et cela sur les quatre façades du clocher. Dans une heure il répétera le même cérémonial dans le calme. Nous l'avons suivi en chuchotant, comme si l'opération avait quelque chose de sacré. Ensuite nous avons eu une conversation à bâton rompu autour de son activité. Parfois la qualité de l'air est particulière et sa voix porte plus loin, mais cela arrive seulement quelques jours par an. Ici, comme dans six autres lieux en Europe cette pratique n'a jamais cessé, à Lausanne depuis le 25 octobre 1405. Après être redescendus nous avons fait remonter la clé de la porte du bas; elle est accrochée à un mousqueton, lui-même attaché à une ficelle qui sera hissée le long de la façade. Notre guet passera la nuit sur place où il nous a avoué réussir à dormir parfaitement malgré la proximité des cloches. Il ne les entend plus, vivant entre ciel et terre, comme dans un phare. A 23h nous attendons sous la pluie, au pied du clocher que le spectacle se reproduise mais avec la pluie nous n'entendons pas la petite phrase. Nous apercevons tout de même la lanterne. A minuit j'ai tenu à voir le guet et sa lanterne depuis la fenêtre de ma chambre d'hôtel qui n'est pas très éloignée...mais je n'ai pas entendu la cloche. Je n'ai pas pu suivre la lumière furtive de la lanterne et à défaut l'entendre clamer: "C'est le guet, il a sonné douze, il a sonné douze"...du haut de son clocher, depuis 1405.

  • L'interview

    C.H. Tu es parisien?

    Michel LAURENT Depuis 1988. Avant je vivais à Toulouse où j'ai fait mes études. J'y suis resté presque sept ans. Ensuite j'ai séjourné dans la banlieue d'Aix-en-Provence, aux Milles. Ça m'a permis de découvrir Marseille et une partie de la côte avec les calanques, la Sainte Victoire, la Sainte Baume et les îles du Frioul.

    C.H. Tu es arrivé en 88 alors?

    Michel LAURENT Pour travailler, oui. Je serais bien resté à Toulouse mais financièrement ce n'était plus possible. J'ai passé un concours et je suis arrivé en juillet. Le 11 très exactement. Le 14 j'étais dans une tribune en bas des Champs-Elysées pour voir le défilé des troupes.

    C.H. Tu aimes les parades militaires?

    Michel LAURENT Non pas du tout. Mon premier poste étant au Louvre j'ai eu cette invitation. Le début a été plutôt une immersion qu'une confrontation au travail. Je me souviens que le premier jour j'ai été convié à une exposition sur le Palais-Royal que lui consacrait le musée Carnavalet.

    C.H. Tu as été plongé dans la culture?

    Michel LAURENT La Culture avec un grand C. Mon bureau était situé au premier étage du Service Départemental d'Architecture des Monuments Historiques, au pavillon Mollien. Je partageais mon bureau avec l'architecte qui s'occupait du Louvre. Moi j'avais en charge le petit entretien du Palais-Royal, de la Sainte-Chapelle...et de la Conciergerie.

    C.H. C'est là où Marie-Antoinette a été enfermée juste avant son exécution?

    Michel LAURENT Comme des centaines d'autres personnes pendant la Révolution. D'ailleurs avec l'approche du bicentenaire il y a eu des travaux. Une chapelle a été restituée avec son décors d'origine et la cellule de Marie-Antoinette a été mise en scène. Le peintre David qui l'a vue passer sur une charrette alors qu'elle allait à son exécution, en a fait un croquis.

    C.H. Comment était sa cellule?

    Michel LAURENT Décorée avec du papier peint à fleurs de lys déchiré, un paravent. Un geôlier se tenait en permanence à l'intérieur et il y avait une grosse porte en bois qui doit toujours être là. Je n'aimais pas les mannequins de cire. La véritable cellule était à l'emplacement de la buvette des magistrats. Avec le déplacement du Palais de justice porte de Clichy on pourra peut-être bientôt restituer le véritable lieu.

    C.H. Comment es-tu passé au théâtre?

    Michel LAURENT Peut-être à cause de la proximité de la Comédie française au Palais-Royal. Je circulait sur le toit mais aussi là où il fallait intervenir: les loges et la salle de répétition sous les colonnes de Buren.

    C.H. Il y a une salle de répétition?

    Michel LAURENT Oui il y a une scène qui est la réplique de celle de la salle Richelieu. Elle a été conçue en même temps que les colonnes et le mécanisme des fontaines. Le jour où j'ai été appelé on répétait La vie de Galilée mise en scène par Antoine Vitez. Le bruit des pompes gênait les comédiens. Lorsque je suis arrivé tout le monde s'est arrêté de travailler. En intervenant j'ai eu la frustration de ne pas les voir répéter.

    C.H. Tu t'es mis à écrire pour le théâtre?

    Michel LAURENT En 2000 j'avais l'opportunité d'être lu. J'ai fait une première tentative suivie d'une lecture de la pièce avec des comédiens. J'ai beaucoup appris à ce moment. D'abord je n'avais pas assez travaillé mon texte. Il manquait la motivation des personnages. Tout ça était assez mauvais et puis j'étais incapable de dominer mon sujet. J'ai immédiatement enchaîné avec l'écriture d'une seconde pièce sur la folie. J'étais attiré par ce sujet mais je voulais l'aborder de manière ludique.

    C.H. Que s'est-il passé?*

    Michel LAURENT J'ai arrêté l'écriture à mi-chemin. Cette histoire était entièrement basée sur des personnages d'Hergé. Il fallait probablement une autorisation des héritiers. Quant aux droits des albums ils avaient tous été achetés par Spielberg des années auparavant. Bien avant qu'il ne réalise son film en motion capture.

    C.H. Tu t'intéressais à ce réalisateur?

    Michel LAURENT Je lui ai adressé le synopsis de l'opus 4 des aventures d'Indiana Jones. J'avais demandé à un ami de m'aider à traduire les deux pages que j'ai envoyées. Quand son film est sorti je tremblais. Je n'avais pas protégé mon sujet. De toute façon il a fait quelque chose de complètement différent. Moi je débutais l'histoire avec l'Arche de Noé et l'histoire continuait en Hongrie pendant la Guerre froide. J'avais tenu compte du vieillissement du personnage. Nous n'étions plus pendant la Seconde Guerre mondiale mais en 1956.

    C.H. Et Jules Verne?

    Michel LAURENT C'est une passion venue de l'enfance. Le moment où on lit Voyage au centre de la terre et Michel Strogoff est le plus merveilleux. Il ne m'a jamais quitté même si je l'ai délaissé. Et puis il y a eu cette idée de roman.

    C.H. Nous parlions d'une pièce sur Jules Verne?

    Michel LAURENT Oui mais à l'origine il y a un roman. Il est inachevé bien qu'il ne reste que quelques chapitres à revoir. C'est à ce moment de l'écriture que j'ai été sollicité pour ce projet de spectacle autour des lettres. Dans le roman il y a des lettres. Elles servent de charpente au roman. la pièce montre l'évolution des rapports entre Jules Verne et Emma, la lectrice qu'il ne connaît pas encore et qui rêve de le rencontrer. Elle y parvient mais...je ne voudrais pas tout dévoiler. Il faut lire la pièce.

    C.H. Tu veux dire la voir?

    Michel LAURENT J'aimerais bien qu'elle soit montée. Pour le moment elle n'est même pas lue. Je crois que plus personne n'a le temps de lire. Alors je me dis qu'il y a peut-être quelqu'un que ça intéresse en Amérique ou au pays de Galles.

    C.H. Pas en France?

    Michel LAURENT Ce sont plutôt les anglo-saxons qui montent des projets de films sur Jules Verne. Il n'y a qu'à voir le dernier Tour du monde en 80 jours avec Jacky Chan. Ils ont mis Cécile de France juste pour le clin d'oeil.

    C.H. Il y a tout de même une pièce, Le tour du monde en 80 jours, jouée encore récemment.

    Michel LAURENT C'est bien la seule!

    C.H. Que peut-on espérer pour toi?

    Michel LAURENT Que la pièce soit montée bien sûr!

    C.H. Tu peux rappeler le titre?

    Michel LAURENT Lettres à Jules Verne.

    C.H. Merci. On se reparle bientôt?

    Michel LAURENT Avec plaisir!

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